La tradition veut que, lorsque l'on dort dans un shukubô 宿坊, on assiste à la cérémonie bouddhiste de la mâtinée hôyô 法要, qui se tient à 5 heures trente du matin. Une annonce en japonais dans la chambre nous réveille à 5 heures dix. On se prépare rapidement avant de descendre à l'accueil.

 

La cérémonie bouddhiste, hôyô 法要

A ma grande surprise, il y a peu de monde pour aller à la cérémonie : nous sommes en tout sept personnes, il n'y a que des femmes à l'exception d'Amour et nous sommes les plus jeunes !

 Dehors, il fait déjà jour et on nous amène dans le temple pour assister à la cérémonie. Au bout d'une demi-heure, les prêtres quittent la salle. Je suis étonnée que ce soit si rapide mais on vient nous chercher pour aller dans le temple principal caché sous une bâche gigantesque car en travaux.

L'entrée du premier temple © Aventure Japon 2016Nous assistons à une nouvelle cérémonie. Les moines baillent sans se cacher ou sont à moitié endormis. Il y a vraiment pas beaucoup de personnes présentes, à peine une dizaine. La plupart ont toutes des chapelets. On nous propose des couvertures que nous refusons car il n'y en a pas assez. Au début, on n'avait pas si froid que cela mais, quand le vent s'est levé, les bâches laissaient passer un courant d'air glacial que nous avons supporté stoïquement tous les deux.

A la fin, nous avons eu droit à un prêche où il était question d'un éléphant blanc, d'un hélicoptère et d'une anecdote autour d'un jeune homme et de ses parents. Je n'ai pas tout capté...

La cérémonie se termine et il est déjà 7 heures du matin, l'heure du petit-déjeuner. En arrivant dans le restaurant, je remarque qu'un groupe d'Américains (un peu bruyant) est en train de manger un petit-déjeuner occidental. J'aime bien avoir mes tartines de pain grillé, beurre et confiture le matin mais, quitte à faire 10.000 km, pourquoi ne pas profiter de la cuisine locale ? D'autant que les Américains se trouvaient à part de la grande salle (mais on les entendait quand même) alors qu'avec Amour, nous étions avec les autres clients de l'hôtel, en train de déguster notre tôfu 豆腐 du matin.

 

Départ pour Fushimi-Inari 伏見稲荷大社 et ses torii 鳥居

De retour dans nos chambres, on se prépare à partir direction la gare de Kyôto où nous allons laissé nos valises pour nous balader à Fushimi-Inari 伏見稲荷大社 puis à Uji 宇治. Les consignes sont relativement chères : 700 yens par valise mais on n'a pas le choix.

Comme on s'est levé très tôt, on arrive à Fushimi-Inari taisha vers 9 heures. Il y a du monde mais plus on monte, moins il y en a. Au retour, ce sera différent : les gens qui montaient étaient à la queue-leu-leu... On aura bien profité des torii 鳥居. J'ai même réussi à faire des photos sans personne dessus (un exploit !)

Les fameux Torii 鳥居 du temple Fushimi Inari Taisha 伏見稲荷大社 © Aventure Japon 2016A une bifurcation, on prend la route la plus rapide qui nous amène au sommet. Seulement, on se rend rapidement compte que l'on met beaucoup plus de temps que prévu. Comme on a l'habitude de marcher en montagne, on se dit que les Nippons marchent rudement vite mais je sais que les temps indiqués sont pour des marcheurs moyens. Je ne le fais pas remarquer à Amour car je n'ai pas envie de l'inquiéter (si cela se trouve : on s'est trompé de chemin !) C'est lorsque l'on a croisé des gens que l'on avait doublés que l'on a commençé sérieusement à se poser des questions. Comment se fait-il qu'ils soient arrivés au sommet avant nous alors que l'on allait plus vite qu'eux ? On a compris lorsqu'on est retourné à la bifurcation: en fait, on s'était trompé d'embranchement car il y en avait trois au lieu de deux et croyant prendre celui de droite, on a pris celui de gauche... Ainsi donc, au lieu d'arriver au sommet en 15 minutes, on a mis le double, c'est-à-dire le temps prévu (tout en s'arrêtant tous les deux mètres pour prendre des photos). Je peux avouer que l'on était soulagés de l'apprendre ! On est redescendu rapidement, la foule commençant à devenir compacte.

L'avantage d'aller à Fushimi-Inari avant de continuer sur Uji, c'est que l'on n'a pas à changer de ligne de train, c'est la même.

 

La visite continue à Uji 宇治

Il est presque midi lorsque l'on arrive à Uji et l'on s'arrête dans un restaurant qui fait aussi boutique où l'on mange de très bonnes nouilles soba 蕎麦 à base de thé vert matcha 抹茶. Après notre cavalcade dans la montagne, cette pause est la bienvenue.

Puis on continue vers le Byôdô-in 平等院 et son musée.

Le temple du Phénix, le Byôdô-in 平等院 © Aventure Japon 2016

Il y a quelques touristes mais ce sont majoritairement des Japonais. Je retrouve le Japon tel que je l'avais quitté il y a cinq ans et c'est bien agréable. On peut se balader tranquillement, faire les boutiques, acheter des souvenirs et du thé vert pour les amis sans se faire bousculer.

 

En route pour Okayama 岡山

On retourne à la gare de Kyôto, on récupère nos valises et on prend le shinkansen pour Okayama 岡山. On arrive alors que la nuit est en train de tomber. On passe à l'office du tourisme local. Là, une dame charmante nous donne tous les renseignements dont on a besoin et elle nous suggère de visiter Kurashiki 倉敷 si on a le temps.

On rejoint l'hôtel à pied. Comme les rues d'Okayama sont pavées, on s'est fait remarqués avec nos valises à roulettes... On arrive devant l'hôtel qui est en haut d'un immense escalier. Je suis crevée et je n'ai pas envie de monter les marches avec ma valise. On regarde à droite, à gauche : pas d'ascenseur ! Je sais qu'il y en a un quelque part mais il est introuvable. On essaye de lire la notice de l'hôtel mais leur anglais est incompréhensible ! Je me rabats sur le japonais et là, il est écrit qu'il faut passer par le parking !!

On se débarasse des bagages puis on part à la recherche d'un restaurant ! Nous ne sommes plus à Tokyo, ni à Kyôto où il y en a à tous les coins de rue. L'hôtel en a un mais il est privatisé pour le soir. On en avise un juste en face mais les prix (4.000 yens le repas) nous font fuir. Je sais qu'il y a une galerie marchande pas très loin et on s'y dirige sauf que toutes les boutiques sont en train de fermer (il est déjà 19 heures !). On s'est levés à 5 heures du matin et on a passé toute la journée à marcher : résultat, on commence vraiment à fatiguer. On trouve un restaurant qui a l'air pas mal mais ce qu'il propose ne nous intéresse pas. C'est alors que je réalise qu'ils ont un menu spécial pour le soir et celui-ci a l'air vraiment très bien. On décide de rentrer et on a eu raison car on a très bien mangé. On y est même retourné le lendemain soir ! C'est dans ces moments que je me rends compte que savoir lire les kanji (même si il faut plusieurs années pour le faire !) est bien appréciable mais je pense que l'on se serait mieux débrouillés avec Internet et un Pocket wifi.

En effet, on aurait pu trouver des restaurants plus rapidement mais l'idée était aussi de découvrir la ville où nous étions sans aller directement d'un point A à un point B. Sauf que, quasiment, tous les soirs, on était épuisés de notre journée passée à marcher des heures et des heures. Chercher un endroit où manger relevait plus du casse-tête qu'autre chose. D'autant que la majorité des boutiques étaient fermées. Ce n'était pas très agréable d'évoluer dans des rues désertes en s'arrêtant devant chaque menu dont il fallait faire la traduction car, en province, il n'y a pas beaucoup de plats factices, les shokuhin sampuru 食品サンプル et peu de photos. Certaines fois, lorsque ceux-ci étaient écrits à la main, soit je lisais sans trop de difficultés, soit je laissais tomber !

 

Le voyage continue à Okayama et Himeji

Le jour précédent : Deuxième jour à Kyoto