Sa Majesté chez les Nippons [Épisode 70]

 

— Françoise ? fit l’ambassadeur passablement déconcerté devant le message que lui avait laissé sa secrétaire. « Rappeler M. Kondo, le secrétaire du consul général d’Osaka ». L’abruti de consul veut me parler ? Je n’ai rien à lui dire et je n’ai pas envie de l’entendre. Quoi ? C’est Konda, le secrétaire qui veut me parler ? Pourquoi faire ? Au sujet de la fermeture du consulat d’Osaka…

Henri-Aymard appuya sur le bouton silence de son combiné et se mit à hurler :

— Raaaahh ! Mais je vais en faire du sushi de cet abruti !! Putain de merde !! Putain de merde !!

Françoise l’entendit crier par la porte et resta au téléphone, attendant que Son Excellence se calme. Au bout de quelques secondes, elle entendit sa voix à nouveau calme comme si de rien ne s’était passé.

— Françoise, vous seriez un ange si vous pouviez me passer notre con… sul à Osaka. Sur sa ligne directe, s’il vous plaît. Merci.

 

Cusseaud était à la Mission économique lorsqu’il entendit son téléphone sonnait. Il eut un mauvais pressentiment et se dépêcha de répondre. Il avait bien fait : c’était l’ambassadeur. Mais que me veut-il celui-là ?

— Votre Excellence ?

Kuso ! Que se passe-t-il dans votre consulat ?

L’ambassadeur était énervé et Pierre-Victor n’avait aucune idée de ce dont il était question. Il ne pouvait pas répondre qu’il n’en savait rien car c’était son consulat et l’ambassadeur allait lui crier dessus en cas de réponse négative.

— Plaît-il ? demanda-t-il.

— Plaît-il ? Plaît-il ? répéta Henri-Aymard. Vos agents m’appellent moi directement pour se renseigner sur la fermeture du consulat d’Osaka et vous n’êtes pas au courant ?

Cusseaud réfléchissait à toute allure : il n’avait rien dit à ce sujet à quiconque, enfin presque à quiconque. Cette information ne pouvait venir que soit de Tokyo, soit du nouveau.

— C’est inadmissible. Je ne comprends pas d’où ils peuvent tenir une pareille information. Je vais me renseigner sur le champ et je vous tiens au courant. Je vous rappelle dans les meilleurs délais, Votre Excellence.

L’ambassadeur raccrocha sans rien dire. Cusseaud se leva et se rassit de suite. Ce n’est pas à moi de me déplacer. C’est moi le consul général. C’est aux sans-grade de se déplacer. Il appela Konda :

— Appelez Faverges : qu’il vienne dans mon bureau.

Konda sourit : la vaguelette qu’il avait lancée faisait ses premiers remous.

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