Le 30 octobre 1890 (Meiji 明治 23) est promulgué le rescrit impérial sur l'éducation, kyôiku ni kan suru chokugo 「教育ニ関スル勅語」, abrégé plus tard en kyôiku chokugo 教育勅語.

 

Il comprend les principes de base sur l'éducation tels qu'ils devraient être dans le Japon impérial.

 

Instrument politique autant que d'endoctrinement, il sera appliqué jusqu'en 1948, date à laquelle il sera aboli par le parlement.

 

Dans les années 1870 et 1880, s'opposent au plus haut niveau du gouvernement de Meiji les partisans d'une modernisation rapide à l'occidentale et les tenants d'un renouveau de la pensée nationale.

 

En réaction au nouveau système scolaire établi en 1872 et jugé trop libéral, Motoda Nagasane 元田永孚 (1818-1891), confucianiste et proche conseiller de l'empereur, est à l'initiative de l'insertion des valeurs confucéennes dans l'éducation, en particulier dans les classes primaires.

 

Le document impérial, préparé par Inoue Kowashi 井上毅 (1844-1895), précise que les principes de base sur l'éducation reflètent la politique nationale, kokutai 国体, qui est basée sur les liens historiques qui unissent un empereur soucieux du bien-être de son peuple et ses sujets qui, en retour, lui expriment toute leur dévotion. Les valeurs confucéennes telles que la loyauté, chû 忠, ou la piété filiale, 孝 y sont mises en exergue.

 

Des copies certifiées du rescrit sont distribuées dans toutes les écoles afin d'y être lu lors de cérémonies importantes.

 

Interdit pendant l'occupation alliée, le rescrit est aboli en juin 1948 par le parlement. Il est remplacé par la loi fondamentale sur l'éducation, kyôiku kihon hô 教育基本法 qui préconise un Japon démocratique et pacifique.