Kyoto (dont le nom signifie, littéralement, la capitale kyô 都 de l’ouest to) était le siège historique de la famille impériale du Japon de 794 à 1868, date à laquelle l’empereur du Japon s’installe à Edo 江戸 qui prendra désormais le nom de Tokyo 東京, la capitale de l’est.

 

De par son passé et de sa préservation des dommages liés aux catastrophes naturelles (l’activité sismique à Kyoto est relativement faible comparée au reste du pays) et humaines (la légende veut que le Sécretaire américain à la guerre, Henry Lewis Stimson, ait retiré de la liste des objectifs militaires la ville de Kyoto qu’il connaissait pour y avoir passé sa lune de miel. Il est vrai que, au contraire de Nagasaki ou de Hiroshima, elle ne possédait pas d’usines d’armement), de nombreux quartiers de la ville ont conservé leur aspect historique.

 

L’édification de la ville de Kyoto débute au VIIe siècle avec le clan Hata 秦氏, originaire de Corée, qui construisit en 603 le temple Kôryûji 広隆寺 à Uzumasa à l’ouest de la plaine où la ville de Kyoto allait se développer.

 

Une rue de Kyoto dans le quartier d'Higashi-yama 東山区 © Aventure JaponEn 794, à l’époque Heian 平安時代 (794-1185), Kyoto, qui s’appellait alors Heiankyô 平安京, devint la capitale de l’empire japonais. A l’instar de Heijôkyô, l’ancienne capitale et contrairement à l’ensemble des autres villes japonaises, le plan d’urbanisme de Heiankyô est d’inspiration chinoise. Le quadrillage de ses rues est calqué sur celui de Chang’an, la capitale de la dynastie chinoise des Tang (618-907). Sa forme rectangulaire mesure 4,5 km d’est en ouest et 5,2 km du nord au sud. Elle devint la résidence des puissant clans des Fujiwara et des Taira.

 

A l’époque de Kamakura (1185-1333), le centre du pouvoir se déplace de Kyoto à Kamakura, au sud de Tokyo mais, pendant la période de Muromachi (1333-1568), le shogunat s’établit à Kyoto qui redevient le centre politique de la nation japonaise. De nombreux temples, parmi les plus célèbres de la ville, furent construits à cette époque : le Tenryūji 天竜寺, le Nanzenji 南禅寺, le pavillon d’or, le Kinkakuji 金閣寺, et le pavillon d’argent, le Ginkakuji 銀閣寺.

 

Pendant la guerre d’Ônin 応仁の乱 (1467-1477) qui marque la fin du shôgunat de Muromachi, une large partie de la ville est détruite.

 

Lors de la période d’Edo 江戸時代 (1600-1868), le pouvoir national détenu par le shôgunat des Tokugawa se déplace à Edo, la future Tokyo, et Kyoto redevient une ville de province malgré la présence de la famille impériale. Cette longue période pendant laquelle le pays se referme sur lui-même est une ère de stabilité et de prospérité : Kyoto devient un centre religieux, artistique et économique important. La ville se spécialise dans la fabrication de kimono (nishijin-ori 西陣織et yūzen-zome友禅染), de céramiques, de produits de laque, de poupées and d’éventails.

 

En 1868, avec la chute du shôgunat et l’ouverture du pays au monde extérieur, débute la modernisation du Japon. Alors que le pouvoir revient aux mains de l’empereur Meiji, il est décidé de faire d’Edo la capitale du nouveau Japon. Edo prend alors le nom de Tokyo (la capitale de l’est) et la famille impériale prend possession de l’ancien château des Tokugawa au centre de la ville.

 

Pendant la Seconde guerre mondiale, la ville est relativement épargnée par les bombardements américains, préservant ainsi de nombreux sites historiques dont le palais impérial (gosho 御所), le château de Nijô (Nijô-jô 二条城), les villas impériales de Katsura (Katsura rikyû 桂離宮) et du Shugaku’in (Shugaku-in rikyû 修学院離宮) célèbres pour leurs jardins. Kyoto compte aussi un grand nombre de musées dont le musée national de Kyoto.

 

Une lanterne du temple Kiyomizudera 清水寺 © Aventure JaponUn des sites historiques les plus remarquables de Kyoto est le temple Kiyomizudera 清水寺 qui surplombe la ville. Kyoto compte de nombreux temples ou lieux de pèlerinage très connus comme les sanctuaires Yasaka (Yasaka jinja 八坂神社) et Heian (Heian jingû 平安神宮) où se déroulent les festivals de Gion (Gion matsuri 祇園祭) en juillet et de Jidai (Jidai matsuri 時代祭) en octobre, les temples Chion’in 知恩院, Nanzenji 南禅寺 et ses célèbres tigres, les temples Kamo (Kamo jinja 賀茂神社) où se tient tous les mois de mai le festival Aoi (Aoi matsuri 葵祭), le Daitokuji 大徳寺 où se trouverait la tombe de l’auteur du « Dit du Genji » (le Genji monogatari 源氏物語), Murasaki Shikibu 紫式部, le Ninnaji 仁和寺, connu pour ses cerisiers en fleurs, le pavillon d’or, le Kinkakuji 金閣寺, et le pavillon d’argent, le Ginkakuji 銀閣寺, célèbre pour son jardin ainsi que le Kôryûji 広隆寺.

 

Les sites naturels de Kyoto sont prisés pour leur beauté : les gorges de Honzukyô, la région de Sagano et les collines de Takao.

 

Kyoto est le centre national pour la cérémonie du thé et l’ikebana ou l'arrangement floral, kadô 華道. C’est la ville dont est originaire les arts théâtraux japonais comme le , le kyôgen et le kabuki.