Yokohama est la capitale de la préfecture de Kanagawa, Kanagawa-ken 神奈川県, dans la région du Kantô, Kantô chihô 関東地方. Distante de Tokyo de seulement 30 km, elle est la seconde ville du pays par sa population et le plus grand port de commerce du Japon.

 

Pendant la période d'Edo, Edo jidai 江戸時代 (1603-1867), c'était un port de taille modeste qui a été ouvert aux étrangers après la signature, en 1858, du traité de Kanagawa. Avant cette date, non seulement les étrangers n'avaient pas le droit d'accoster au Japon en dehors de l'île de Dejima à Nagasaki mais les Japonais, eux-mêmes, n'étaient pas autoriser à quitter le pays. La construction de bateaux pouvant naviguer en haute mer était interdite et les marins n'avaient que la possibilité de faire du cabotage le long des côtes nipponnes.

 

Tout a changé en 1853 et 1854 avec la venue du Commodore Perry en baie de Tokyo et la signature de différents traités dont celui de Kanagawa du 31 mars 1854, le traité d'amitié et de paix entre le Japon et les Etats-Unis, Nichibei washin jōyaku 日米和親条約, et le traité Harris du 29 juillet 1858, traité d'amitié et de commerce entre les deux Etats, Nichibei shūkō tsūshō jōyaku 日米修好通商条約. A la suite des Etats-Unis, plusieurs nations européennes signèrent des traités similaires avec le Japon : ce sont les traités de commerce d'Ansei, Ansei gokakoku jōyaku 安政五箇国条約, signés par la Russie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la France en 1858.

 

Ces traités ouvraient plusieurs villes portuaires japonaises au commerce international : Kanagawa 神奈川 (qui sera remplacé par la ville de Yokohama 横浜), Niigata 新潟, Hyôgo 兵庫 (de nos jours, Kobé 神戸), Hakodate 箱館 et Nagasaki 長崎.

 

Pour la ville de Yokohama, des appontements et des entrepôts ont été construits ainsi que des résidences pour les Occidentaux, kyoryûchi 居留地. Un bureau des douanes, unjôsho 運上所, a été établi pour le contrôle des marchandises. C'est le début du fort développement économique de Yokohama.

 Les concessions étrangères de la ville de Yokohama, kyoryûchi 居留地 - photographie de Felice Beato (1832-1909)

 

La présence toute nouvelle d'étrangers sur le sol japonais ainsi que la période troublée de la fin du Bakufu d'Edo connue sous le nom de Bakumatsu 幕末 a entraîné de nombreux heurts entre la population japonaise et les Occidentaux. Les plus célèbres incidents sont ceux de Namamugi, Namamugi jiken 生麦事件, et d'Idogaya, Idogaya jiken 井土ヶ谷事件, respectivement en 1862 et 1863.

 

A l'ère Meiji, du fait de sa proximité, Yokohama est devenu le port international de Tokyo. L'inspecteur en chef des douanes de la ville était un homme puissant qui avait, à l'époque, rang de ministre.

 

La présence étrangère sur place a permis le développement d'une culture et d'une technologie occidentales faisant de Yokohama l'avant-garde de la modernité au Japon. C'est ici qu'a débuté l'utilisation de l'électricité et du gaz domestique au Japon, la construction de chemins de fer avec la toute première ligne ferroviaire construite entre Tokyo et Yokohama en 1872, la création des premiers journaux, des courses hippiques et de la première brasserie industrielle créée par l'Américain William Copland, Japan Breweries, l'ancêtre de l'actuelle Kirin Brewery Company, Kirin Bakushu 麒麟麦酒.

 

Preuve d'une occidentalisation poussée, le 16 janvier 1876 est inaugurée à Yokohama la toute première patinoire au Japon, aisu-sukêto ba アイススケート場.

 

Le 13 août 1898 est organisée, dans la piscine de Yokohama, Yokohama no suiei-ba 横浜の水泳場, située le long des appontements Ouest de Yokohama, Yokohama Nishi-hatoba 横浜西波止場, devant le Grand Hotel, la toute première compétition de natation entre résidents étrangers et Japonais. Ce sera le premier championnat international de natation du Japon, Kokusai suiei kyôgi 国際水泳競技.

 La piscine de Yokohama, Yokohama no suiei-ba 横浜の水泳場, située le long des appontements Ouest de Yokohama, Yokohama Nishi-hatoba 横浜西波止場, devant le Grand Hotel

 

A partir de cette époque et jusqu'à présent, Yokohama a toujours occupé la première place en matière de commerce international au Japon.

 

La ville et les installations portuaires ont été grandement endommagées par le grand tremblement de terre de Tokyo, Kantô daishinsai 関東大震災. Les sociétés de commerce internationales se sont alors installées à Tokyo mais la reconstruction d'un port moderne au début de l'ère Showa, Shôwa jidai 昭和時代 (1926-1989) a permis à Yokohama de développer ses capacités portuaires.

 

La ville sera ensuite détruite à 42% par les bombardements alliés de la Seconde guerre mondiale.