On profite à nouveau du sensationnel buffet de l'hôtel de Kanazawa 金沢 avant de partir à Matsumoto 松本. Je suis contente à l'idée de découvrir les Alpes japonaises et j'imagine les vallées nipponnes à l'image de de celles que l'on a dans les Alpes. Sauf que l'on a rien vu de tel : pas de vallées glaciaires, pas de falaises abruptes ou de cluses resserrées, aucun sommet acéré.

Après le petit-déjeuner, on arrive à la gare de Kanazawa avec un peu d'avance, j'en profite pour visiter seule la boutique de souvenirs (j'ai confié les valises à Amour et je l'ai mis dans un coin en lui disant de ne pas bouger : c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour faire du shopping tranquille...)

 

Shinkansen et montagnes

On prend le tout nouveau shinkansen Hokuriku 北陸新幹線 qui est rempli de salarymen en direction de Tokyo. Je m'attendais à voyager entourée de montagnes mais pendant un long moment, on longe la mer. En fait, le shinkansen remonte vers le nord avant de redescendre vers le sud en direction de la capitale.

On arrive à Nagano 長野 qui ne ressemble pas du tout à une ville olympique : on dirait un vieux bourg endormi. C'est difficile d'imaginer qu'il ait pu y avoir des JO d'hiver comparé à des villes comme Grenoble ou Albertville.

On prend un train local pour Matsumoto. En chemin, il y a de magnifiques cerisiers en fleurs en flanc de collines mais je sais (gràce à Twitter) qu'à destination, la pleine floraison est déjà terminée.

La ville de Matsumoto devant la gare © Aventure Japon 2016

Matsumoto est une ville minuscule (à l'échelle du Japon) où l'on peut tout faire à pied sans aucun problème. Par contre, on doit être en altitude car le soleil tape très fort et je dois me protéger pour ne pas ressembler à une écrevisse le soir venu (peine perdue !)

J'ai vérifié : l'altitude de Matsumoto n'est que de 592 m...

 

Le château de Matsumoto, Matsumoto-jô 松本城

On dépose nos bagages à l'hôtel avant de se rendre vers le château. Il est plus petit que celui d'Himeji mais il a beaucoup de charme et il est authentique. Lorsque l'on le visite, on a l'impression de faire partie de l'histoire ancienne du Japon et c'est vraiment extraordinaire. Il fait partie des châteaux de plaine, hirajiro 平城, qui contrairement aux châteaux de montagne, yamajiro 山城, ont été construits en temps de paix car ils n'avaient pas de véritable fonction défensive.

 Le château de Matsumoto © Aventure Japon 2016

A l'origine, il s'appelait Fukashi-jô 深志城. Son surnom est Karasu-jô 烏城, le château corbeau, mais il n'existe aucune référence littéraire de ce terme. On suppose que c'est en raison de sa couleur noire.

On se moque des touristes qui se font prendre en photo avec un samurai d'opérette. Sauf que ce dernier nous repère et nous tombe dessus à l'improviste. En fait, il est super sympa et l'on se prête à son jeu très naturellement.

 

Le faubourg des grenouilles

On visite les alentours avant de retourner en ville. A l'Office de tourisme, on nous avait conseillé un quartier connu sous le nom de Nawate dôri shôtengai 縄手通り商店街 dont la rue principale est bordée de maisons d'apparence anciennes.

 La rue principale de Nawate dôri shôtengai 縄手通り商店街 et ses statues de grenouilles © Aventure Japon 2016

A l'ère Meiji 明治時代, on y trouvait de nombreux marchands. Après-guerre, c'était là que se tenait le marché noir de la ville. Depuis, le quartier a été rénové en 2001 avec des boutiques qui sont des reproductions de l'ancienne ville. Son surnom, kaeru no machi カエルの街, le faubourg des grenouilles, a pour origine le festival qui s'y tient chaque année : le festival des grenouilles, kaeru matsuri カエル祭. C'est sympathique mais sans grand intérêt.

 

Musée et eau potable

Comme il nous reste du temps, je propose d'aller au musée d'art de la ville, Matsumoto-shi bijutsukan 松本市美術館 où ils ont une exposition permanente sur l'artiste Yayoi Kusama 草間彌生 qui est originaire de Matsumoto (c'est elle la créatrice de la fameuse citrouille sur l'île de Naoshima 直島). On peut photographier certaines oeuvres mais pas toutes. De charmantes hôtesses nous expliquent tout cela en japonais et (j'espère) aussi en anglais.

 Une des oeuvres de Yayoi Kusama que l'on peut photographier (si je ne me trompe pas, le nom de cette oeuvre est "parents et enfants") © Aventure Japon 2016

 

Sur le chemin, on découvre le puit qui donne une eau pure des Alpes japonaises. Je vois un Japonais en train de décharger des bouteilles d'eau minérale vides pour les remplir donc je fais de même avec la mienne.

 Eau potable (et très bonne) © Aventure Japon 2016

Amour me regarde avec suspicion : "Tu es sûre que l'eau est potable ?" Moi : "Ce n'est pas marqué qu'elle n'est pas potable." Amour : "Ce n'est pas marqué qu'elle est potable." Moi : "Si les Japonais remplissent des bouteilles d'eau, c'est qu'elle doit être potable." Amour : "Ils peuvent s'en servir pour autre chose." Moi, en train de passer en mode grognon : "J'ai vu deux Japonaises en boire lorsqu'on est arrivé. Elles n'en auraient pas bu si l'eau n'était pas potable !" Amour : "Il n'y a aucun panneau indiquant que l'eau est potable..." J'abandonne.

 

Le musée n'est pas bien grand mais si vous aimez les oeuvres de Yayoi Kusama, allez-y, vous ne serez pas déçus ! On est accueillis dès l'entrée par une de ses oeuvres monumentales : Maboroshi no hana 幻の花, Fleur d'illusion.

 L'oeuvre monumentale de Yayoi Kusama à l'entrée du musée © Aventure Japon 2016

Je laisse Amour tout seul sur un siège à l'entrée (l'art est le dernier de ses soucis) et je prends mon temps : je fais le tour du musée en quinze minutes ! Je traîne à la boutique pour faire un peu de shopping.

 Amour abandonné à son sort dans le musée © Aventure Japon 2016

Puis on rentre à l'hôtel avant de ressortir pour trouver un restaurant. On a quelques adresses mais la plupart sont des bars. Je crois que l'on a refait notre parcours de la mâtinée pour finalement trouver un petit boui-boui pas très bon.

 

Mauvaises nouvelles depuis Kumamoto

De retour, en surfant sur Internet, on apprend qu'un grave tremblement de terre a eu lieu à Kumamoto. On allume la télé et on découvre les images qui font froid dans le dos.

On ne pense pas à rassurer la famille en France car on est tellement loin et on avait donné les détails de notre périple au jour le jour. Mais, apparemment, cela n'a pas suffit : la soeur d'Amour s'est inquiétée pour nous et il a fallu la rassurer le lendemain alors que l'on se trouvait à Tokyo.

D'ailleurs à ce sujet, on a assisté à un échange surréaliste entre un Français qui était dans le même hôtel que nous à Tokyo et sa femme au téléphone. Cette dernière s'inquiétait à juste titre et elle s'est faîte engueulée comme du poisson pourri par son mari qui hurlait au téléphone qu'il n'avait pas entendu parler de tremblement de terre au Japon ! Avec Amour, on était horriblement génés et on s'est éclipsés rapidement.

 

Jour suivant : retour à Tokyo avant le départ

Jour précédent : Kanazawa