Sa Majesté chez les Nippons [Épisode 73]

 

— Quoi ! Comment ça ?

— Ils ont menacé de rappeler l’ambassadeur. Ils veulent qu’un supérieur hiérarchique et non un simple adjoint leur confirme que le consulat ne va pas fermer.

— Et puis quoi encore !

— Vous êtes le consul général. Si vous n’y allez pas, je vais devoir demander moi-même à l’ambassadeur de leur dire en lui précisant que vous avez refusé de le faire.

L’avantage de la fonction publique, c’est que tout agent, aussi haut gradé soit-il, avait toujours un supérieur hiérarchique au-dessus de lui. Même le ministre avait le Premier ministre au-dessus de sa personne et chacun avait peur de faire des vagues auprès de son n+1 comme ils disaient, Cusseaud encore moins que Faverges.

— C’est bon, c’est bon. Je vais aller les voir.

PVC se leva et rejoignit le bureau de Faverges. Une fois dans l’entrée, il annonça sans grande conviction :

— Bon, le consulat ne va pas fermer… Et arrêtez de déranger l’ambassadeur pour des détails sans importance.

Des détails sans importance ! Konda faillit lui sauter à la gorge. Il fit mieux :

— Monsieur le consul général, avez-vous évoqué avec le journaliste Romain Fougasse la fermeture prochaine du consulat ?

Au lieu de s’énerver et de crier comme il le faisait habituellement, le consul était devenu minéral, aussi froid qu’une pierre tombale. Ses traits du visage s’étaient figés et de sa bouche ouverte ne laissait sortir aucun son. Il reprit rapidement ses esprits :

— Que ? Quoi ? Comment ? Qui, qui…vous en a parlé ?

Faverges observait la scène. C’était donc Cusseaud qui avait fait des confidences à ce journaleux. Il avait entendu parler du problème et se doutait bien que cela ne pouvait être que quelqu’un de bien placé dans le consulat. Pas étonnant alors que toute l’équipe soit si vindicative envers lui.

— Monsieur Fougasse en personne.

— C’est un menteur ! cria Cusseaud. C’est un connard de menteur !

Et PVC partit s’enfermer dans son bureau. Konda se tourna vers Faverges et lui demanda sur le ton de la confidence :

— Le consulat va fermer, n’est-ce pas ?

Faverges reprit ses esprits. Il était hors de question de répondre à cette question. L’intervention de Kuso avait été un désastre. Il allait devoir appeler Tokyo.

— J’appelle Tokyo. Pas d’initiatives de votre côté. 

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