Les idéogrammes ou caractères chinois, kanji 漢字L'écriture japonaise utilise comme alphabet les kanji, littéralement les caractères, ji 字, chinois, kan 漢.

 

Ces idéogrammes originaires de Chine sont aussi employés dans l'écriture coréenne. Dans le passé, ils étaient utilisés dans les pays sous influence chinoise comme le Vietnam.

 

Ces kanji représentent non seulement une idée mais possèdent aussi une sonorité qui leur est propre. Par extension, le son désigne aussi l'idée exprimée par le caractère. Pour donner un exemple, le caractère uma 馬 représente le cheval. Il se prononce uma ou ba en japonais.

 

A l'origine, dans la Chine ancienne, chaque idéogramme était associé à un son particulier et à une idée précise. Avec le temps, l'ensemble kanji-son-idée s'est complexifié en raison de l'apparition de mots composés et il n'existe désormais plus d'unicité entre un caractère, sa signification et sa sonorité. Par exemple, le kanji hi 日 représente non seulement le jour nichi mais aussi le soleil jitsu et le Japon nihon 日本.

 

Dans l'archipel, les caractères chinois sont utilisés à la fois pour retranscrire les mots d'origine chinoise et ceux originaires du Japon. Chaque caractère possède plusieurs prononciations : la première s'approchant au mieux des syllabes chinoises d'origine et la seconde, la prononciation normale du mot japonais. Il s'agit des lectures on-yomi 音読み, on signifiant le « son », et kun-yomi 訓読み, kun signifiant l'« interprétation » (japonaise du mot).

 

Au début de l'ère Meiji, les nombreux styles de langage, allant du chinois classique aux dialectes régionaux, ont amené le gouvernement à réglementer et codifier les kanji utilisés par les Japonais. L'unification du pays, morcelé en provinces féodales à l'époque du Bakumatsu 幕末時代, passait aussi par l'unification du langage, permettant ainsi au pays de se libérer d'une influence chinoise jugée alors néfaste puisque la Chine était à l'époque occupée par les puissances occidentales.

 

De nos jours, il existe une sélection opérée par le ministère de l'Éducation japonais, le Monbu-kagaku-sho 文部科学省 des caractères utilisés dans la vie de tous les jours et qui sont indispensables à connaître : les jôyô kanji 常用漢字 au nombre de 1945. A ceux-ci, s'ajoutent les 1006 kyôiku kanji 教育漢字, les kanji pour l'éducation, que tout écolier nippon apprend pendant les six premières années d'école ainsi que les 284 kanji utilisés uniquement dans les noms de personnes, les jinmei-yô kanji 人名用漢字.

 

Le nombre total de caractères chinois employés de nos jours au Japon avoisine en réalité les 40 à 50 000 idéogrammes mais seule une petite partie est réellement utilisée : pour donner un ordre d'idée, la lecture de romans nécessite la connaissance de 6 à 7000 kanji, alors qu'il est nécessaire d'en connaître au moins près de 3000 pour la vie de tous les jours.