kiku signifie chrysanthème en japonais mais nous n’allons pas parler de la fleur mais de sa symbolique et, en particulier, de son lien avec l’empereur du Japon.

 

 

Le kanji kikuLe kanji kiku 菊 signifie chrysanthème. Il est composé de la clef de l'herbe kusakanmuri 艹 et du caractère bei 米 qui symbolise le riz.

Mnémotechnique : une fleur aussi importante que le riz

 

La lecture (on yomi) est KIKU. Il n'existe pas de lecture kun yomi.



 

Dernièrement, en raison du changement d'empereur japonais depuis le 1er mai 2019, on a beaucoup entendu l’expression « le trône de chrysanthème » qui désigne en français le trône impérial japonais. Or, en japonais, ce dernier porte le nom de Takamikura 高御座, littéralement le très haut siège, sans aucune référence au chrysanthème.

Mais, alors, pourquoi emploie-t-on cette expression « trône de chrysanthème » ?

 

 Cette expression n’existe que dans les langues étrangères comme le français ou l’anglais.

On suppose qu’elle aurait pour origine le Kikkamonshō 菊花紋章 ou Kikumon 菊紋, l’emblème impérial du Japon qui représente un chrysanthème à 16 pétales doubles, jūroku yae omoe-giku 十六八重表菊.

Le chrysanthème, en tant que plante d’ornement, a été introduit au Japon depuis la Chine à l’époque Nara 奈良時代 (710-794). Sa beauté est censé être pareille à celle d’un ārya, un bouddhiste entré dans la voie, un « vénérable ».

C’est l’empereur Go-Toba 後鳥羽天皇 (1180–1239) qui a, pour la première fois utilisé le chrysanthème à 16 pétales doubles, comme symbole impérial (mon 紋).

 

Durant l’époque d’Edo, l’emblème du chrysanthème à 16 pétales, a été utilisé par des temples ou des commerces. Ce n’est qu’en 1871 avec la restauration de Meiji qu’il fut réservé à l’usage unique de la famille impériale à l’exception de quelques temples en lien avec l’empereur.

Le sceau impérial japonais, kiku no gomon 菊の御紋, n’a plus de véritable fonction officielle depuis la fin de la guerre mais il a été adopté comme symbole national et il est apposé sur les passeports japonais depuis 1926. On le retrouve aussi sur les pièces de monnaie de 50 yens, gojū-en kōka 五十円硬貨 ou gojū-en dama 五十円玉, ainsi que sur certaines décorations officielles.