Le Salon du livre de Paris (renommé depuis Livre Paris) est la plus grande librairie de Paris. Le phénomène ne se produit qu'une fois par an. Heureusement car sinon, je serais ruinée et mon appartement crouillerait sous les livres (ce qui est déjà le cas me fait remarquer mon amour de mari).

En temps normal, je m'interdis d'acheter plus de trois livres lorsque je rentre dans une librairie (sinon c'est l'escalade). Cette année, j'ai été très sage : en fait, le salon du livre est épuisant et comme les livres pèsent lourd, on est forcément limité d'autant que cette année, j'avais pas mal d'ouvrages à faire dédicacer.

Car mon but secret est de rencontrer ces gens extraordinaires qui dessinent comme des dieux et qui restent incroyablement humbles lorsqu'on les rencontre : les dessinateurs de bande dessinée. Si, en plus, comme ce fut le cas pour ce salon, ils sont japonais ou dessinent sur le thème du Japon, je suis la plus heureuse des personnes.

Question dédicaces, j'en ai eu des superbes. J'ai pu discuter avec des gens adorables autour de notre passion commune qu'est le Japon et j'ai même pu échanger quelques mots de japonais.

 

Comment entrer ?

Il fut un temps où le Salon du livre était gratuit pour les porteurs de la carte Bibliothèque Paris. Je n'ai pas pu vérifier mais je crois bien que c'est fini. Comme j'avais plusieurs dédicaces à faire sur les trois jours (vendredi, samedi et dimanche), je n'ai pas eu le choix que de casser ma tirelire pour prendre le Pass Grand Lecteur à 29€ (il passe à 39€ le jour d'ouverture), ce qui m'a permis d'économiser 5 € (waou !) si j'avais pris les billets au jour le jour. J'ai surtout gagné du temps puisque je n'avais pas beaucoup de queue.

On peut commander le pass sur Internet : on obtient une contremarque qu'il faut échanger contre un badge à la première entrée. Il a deux avantages : on est invité à la soirée d'inauguration du jeudi soir et on peut entrer et sortir autant de fois que l'on veut pendant le salon (pratique pour aller manger dehors même si je n'ai pas trouvé grand chose aux alentours : de toute façon, j'avais apporté mon casse-croûte, c'était beaucoup moins cher et sans doute bien meilleur).

 

L'inauguration

Je m'étais dis que la première soirée serait l'occasion de voir tranquillement les livres et me renseigner sur les dates de dédicaces car boire du mousseux dans un verre en plastique ou voir des célébrités ne m'intéressent pas beaucoup. Seulement, j'avais sous-estimé la foule et surtout un élément important : que cette dernière serait statistique (cocktail oblige) et qu'elle allait obstruer quasiment tous les passages très rapidement.

Dès l'entrée, je repère deux livres intéressants de Yodo Ogawa sur le stand Actes Sud :

Yoko Ogawa - Oeuvres - tomes 1 et 2  - Thesaurus - Actes Sud

 Ils sont particulièrement épais donc impossible à acheter de suite. Je les prends en photo pour avoir les références pour les acheter plus tard.

 

Puis je retrouve nez à nez avec l'exposition Taniguchi développée autour de trois thèmes chers à l'auteur : l'intimisme, la tradition et la nature.

 L'exposition Taniguchi au Salon du livre de Paris - mars 2017

C'est intéressant mais les pièces exposées ne sont pas des originaux. Dommage. On peut aussi y voir le documentaire de Benoît Peeters sur Taniguchi mais je sais qu'il est accessible sur Internet donc je ne perds pas de temps à le regarder. En plus, ils ont disposé l'écran assez haut donc ce n'est pas pratique à moins de se tordre le cou !

 
Profession Mangaka, documentaire de Benoît Peeters par Mimiweshyo

 

Je suis ensuite aller voir Alexandre Bonnefoy et Delphine Vaufrey des éditions Issekinichô pour les saluer car je les suis régulièrement sur Twitter. Ils sont illustrateurs et ils ont décidé de fonder leur propre maison d'édition. J'aime énormément ce qu'ils font et je les retweete souvent avec plaisir.

Sur la photo, Alexandre ferme les yeux. J'ai refait une autre mais elle était beaucoup moins bien alors j'ai choisi la première !

Alexandre et Delphine des éditions Issekinicho

 

Puis j'ai fait un tour au stand des éditeurs indépendants (il était à côté de celui d'Issekinichô et il y avait peu de monde) et j'ai découvert deux petits livres très intéressants sur le Japon : Devenir un expert du Rakugaki de Bunpei Yorifuji aux éditions B42 et De fleurs et d'écailles, le Japon en haïga de Cédric Sueur et Sachiko Miura aux éditions du Jasmin.

  Devenir un expert du Rakugaki de Bunpei Yorifuji - éditions B42 et De fleurs et d'écailles - Le Japon en haïga - Cent haikus illustrés par cent sumi-e - Cédric Sueur et Sachiko Miura - Editions du Jasmin

 

Le premier jour

Le vendredi, on se dit que les gens travaillent et qu'il devrait y avoir moins de monde au salon. Erreur : le vendredi matin, c'est envahi de scolaires et c'est le chaos. Il est préférable d'arriver vers treize heures lorsque le niveau de décibels baissent enfin. L'après-midi est plus tranquille mais je n'ai pas trop le temps d'en profiter car on annonce une conférence autour du thème du choc des cultures avec Alexandre Bonnefoy d'Issekinicho, Karyn Nishi-Poupée et son mari, le dessinateur JP Nishi.

La conférence est très intéressante car elle montre bien la codification de la société japonaise et de la difficulté des Français de s'y intégrer. D'où l'importance de la communication comme le souligne à juste titre Karyn Nishi-Poupée.

Sinon, à la minute 38:12, on peut voir quelqu'un qui s'asseoit et qui prend une photo avec son smartphone. C'est moi...

 

 

Juste après, c'est la dédicace de JP Nishi pour son livre "A nos amours" paru aux éditions kana et je m'y rends en avance pour faire la queue. Il a pour habitude de dessiner les personnes qui lui demandent une dédicace et il est particulièrement doué : il voit tout même les détails les plus insignifiants ! Impressionnant.

 A nos amours de JP Nishi (Kana éditions) et ma dédicace (moi mais en plus mignonne et avec 20 ans de moins !!)


Ensuite, je retrouve Yatuu sur le stand Issekinicho (ce sera leur running gag : me voir passer !). Comme je suis arrivée en avance, j'ai pu avoir deux dédicaces (YEEAAAHHH). On a parlé Pokemon Go et c'était bien agréable. D'habitude, les gens te regardent avec condescendance ou mépris lorsqu'ils te voient jouer dans la rue... Yatuu est non seulement jolie comme un coeur, ses dessins sont superbes et elle est adorable.

  L'interview de Yatuu et sa dédicace sur le stand Issekinicho

 

Tout comme Alexandre et Delphine qui m'ont dédicacé leur ouvrage Saru (pour singe en japonais) que je leur ai laissé car il pèse son poids. J'ai d'ailleurs honteusement profité de leur gentillesse pour leur laisser mes livres le temps de parcourir le salon.

 Le livre Saru d'Issekinicho avec les dédicaces d'Alexandre et de Delphine

 

Ce jour-là, j'ai découvert deux livres sur le Japon que j'ai achetés : Le sabre des Takeda d'Inoue Yasushi et Hanafuda de Véronique Brindeau, tous les deux aux éditions Picquier Poche. Inoue Yasushi est un romancier que j'aime énormément et dont j'ai déjà lu plusieurs livres dont Paroi de glace (Hyōheki 氷壁) qui se passe en montagne.

 Le sabre des Takuda et Hanafuda des éditions Picquier Poche

 

Deuxième jour

Le samedi, il y a du monde et beaucoup de tension : je ne sais pas pourquoi mais les gens sont désagréables, certains font même exprès d'en bousculer d'autres. Cela ne sert à rien mais ils le font quand même. Le stand des éditions Glénat (de Grenoble) avait des livres intéressants sur la montagne mais je n'ai pas pu rester car ce n'était pas possible d'être tranquille quelques secondes. Tant pis !

J'ai reperé deux livres sur le Japon que je compte bien acheter plus tard une fois que j'aurais vendu les livres dont je n'ai plus besoin : Pages oubliées sur le Japon d'André Leroi-Gourhan des éditions Millon et les Dames de Kimito de Sawako Ariyoshi au Mercure de France.

 Pages oubliées sur le Japon d'André Leroi-Gourhan des éditions Millon et les Dames de Kimito de Sawako Ariyoshi au Mercure de France

 

La dédicace de BouletSamedi, c'est la série des dédicaces Delcourt : Marion Montaigne et Boulet. Il y a beaucoup de monde, on piétine pas mal mais le résultat en vaut la chandelle :

 

La dédicace de Boulet est amusante car, pour lui, c'est un cochon ninja mais, pour ceux qui connaissent bien le Japon, c'est du grand n'importe quoi puisque les vrais ninja 忍者 ne portent pas de kimono mais un shinobi shôzoku 忍び装束, ne possèdent pas de katana 刀 (réservé aux samourais) et ils ne prennent pas la pose de la grue comme dans Karaté Kid !

Mais comme le dessin est très beau et rigolo, on sera indulgent !

 

Les livres de Marion Montaigne n'ont rien à voir avec le Japon mais ils sont à mourir de rire et très instructifs d'un point de vue scientifique.

 

 J'ai repéré deux livres de et sur Taniguchi que j'ai prévu d'acheter le dernier jour : Les Gardiens du Louvre aux éditions Futuropolis et L'Homme qui dessine, Entretiens avec Jirô Taniguchi de Benoît Peeters aux éditions Casterman

 Les Gardiens du Louvre aux éditions Futuropolis et L'Homme qui dessine, Entretiens avec Jirô TaniguchiL'Homme qui dessine, Entretiens avec Jirô Taniguchi de Benoît Peeters aux éditions Casterman

 

Troisième et dernier jour

L'atelier Sentô est un collectif de deux illustrateurs, Cécile Brun et Olivier Pichard, qui travaillent sur un jeu vidéo The Coral Cave dont l'action se passe à Okinawa. J'ai profité d'un passage au lac d'Annecy (parapente oblige) pour aller voir leur exposition à la bibliothèque Bonlieu.

 

A l'époque, ils vivaient pas très loin et on a sympathisé par Twitter. Ils me racontaient qu'ils faisaient coucou aux parapentistes qu'ils voyaient (à vol d'oiseau, ils habitaient tout près du déco de Talloires). Comme Yatuu, Alexandre et Delphine, ils sont charmants, doués et adorables. Ils m'ont dédicacé leur bande-dessinée Onibi, Carnets du Japon invisible éditée chez Issekinicho :

 La bande dessinée Onibi d'Atelier Sentô et un détail de leur dédicace

 

Je suis ensuite allée au stand des éditions Picquier pour une autre dédicace, celle de Florent Chavouet pour son livre Manabeshima. L'artiste s'est fait attendre : une demi-heure de retard mais la dédicace est très belle :

La bande dessinée de Manabeshima et la dédicace de Florent Chavouet

 

Après manger, je suis sortie dehors pour profiter du soleil mais le quartier n'est vraiment pas accueillant. Je suis allée jusqu'au parc Brassens pour attraper quelques pokémons avant de rentrer pour une nouvelle série de dédicace avec Dreamy et Florent (encore lui) pour Kokekokkô. Je connaissais Dreamy car je lui avais commandé un dessin pour offrir comme cadeau à mon mari à la Noël. Le résultat était sensass et Dreamy est là encore, adorable, douée, d'une gentillesse infinie. Alexandre s'est gentiment moqué de moi car j'ai passé quasiment tout le temps du salon sur son stand mais comment résister face à autant de talent et de gentillesse ? Cela fait beaucoup de bien !

Dreamy m'a fait une super dédicace mais il a fallu attendre Florent qui semble être faché non seulement avec le temps qui passe mais aussi le système d'accrédition. Je ne sais pas comment il a pu réussir à prendre l'avion pour aller au Japon tant la notion d'horaires lui est totalement étrangère. Il a eu l'audace de photobomber la dédicace que Dreamy venait de me faire. Il a fait de même avec une de Yatuu que Dreamy a retweetée. D'après ce que j'ai appris, c'est un professionnel du détournement de dédicaces donc méfiez-vous si vous lui faîtes signer votre exemplaire de Kokekokkô !

 Les détournements de dédicaces de Florent (photos de Dreamy)

 

J'aurais dû acheter les livres sur Taniguchi mais j'ai complètement oublié car j'avais hâte de retrouver mon amour de mari qui m'attendait au parc Montsouris en train de chasser les magycarpes qui pulullent là-bas. J'ai suivi Amour alors que mes pieds me faisaient souffrir et qu'il a fallu marcher (je n'en pouvais plus). Le soir venu, c'est lui qui s'est chargé de faire à manger et la vaisselle : j'étais inopérante après avoir passé ces trois jours avec toute cette foule.

Mais ce fut une incroyable expérience dont je garderais pour toujours un excellent souvenir.